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Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1779—1782 гг. / под ред. Н. Дубровина. Том третий. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1887. Качество: 75%


[283]

Лит. В. (2). Très-humble dénonciation à son altesse le grand visir de la Sublime Porte Ottomanne.

Avant ce tems-ci nous avons demandé à Sa Majesté Impériale la permission de vivre dans la province d’Oczakow et autres endroits de là. Nous avons même demandé dans les requêtes envoyées à votre altesse d’être reçus à Telidoula et autres endroits de là [284] où nous puissions vivre et nous comporter avec les amis amicalement et avec les ennemis rudement, et d’être reçus de cette manière au service de Sa Majesté. En conformité de cela il nous a été envoyé de Sa Majesté un ordre avec une lettre du patriarche de Constantinople selon notre religion grecque. Le gouverneur d’Oczakow, son Excellence Ehen Mehmet-pacha qui est encore à Oczakow, nous a fait appeller et nous a montré le susdit ordre et lettre, dont la démonstration étoit que nous soyons soumis par serment à Sa Majesté, c’est ce que nous avons dès lors fait et confirmé, et depuis ce tems-là nous avons habité dans la province d’Oczakovv à Telidoula et dans antres isles, remerciant Dieu sans cesse de la bonté de Sa Majesté.

A présent son Excellence nous a fait tous appeller chez lui, et nous a déclaré de la part de Sa Majesté Impériale que la paix avec la Russie est faite, et qu’il n’ya à présent entre ces deux empires aucun démêlé; il nous a dit aussi qu’à cette conclusion de paix a été rapporté de la part de Russie à la Sublime Porte, que nous avons commis beaucoup de dérangements en Russie et en Pologne, dont le nombre n’est pas encore exterminé, et que si nous restons ici, nous y commetterons bien d’autres, et nous chercherons toujours ouvertement ou secrètement de faire par nos bronilleries quelques domages aux habitans des limites de ces deux empires; ainsi la paix sera toujours violée par nous, et ces deux puissances à cause de nous auront sans cesse des démêlés. Et que Dieu préserve si la paix une fois est profanée, pour lors il ne nous en reste rien à répondre, pour cela il faut chercher notre salut et notre repos, et que selon les contracts d’à présent nous pouvons aller en Russie et y demeurer tranquillement sans craindre aucune vengeance ni souffrir la moindre offence de la part de Russie; au contraire, elle sera notre protectrice et nous défendera tout comme auparavant, et cela peut-être encore parlé de la part de Sa Majesté à la Russie, quoique même ramhassadeur de France, qui est le médiateur de cette paix sacrée, est caution que pour aller en Russie nous n’avons rien à craindre, et nous a dit, que nous [285] sommes libres d’aller en Russie, ou bien si nous ne le voulons pas, nous pouvons aller nous établir en Grèce au de là de Danube, loin de la mer Noire, et nous disperser là dans des villages par cinq et par six hommes et vivre sous la protection de Sa Majesté comme tous ses autres sujets, et que nous pouvons, tout comme eux, chercher le profit et l’avantage de notre subsistance; ainsi la grâce de Sa Majesté envers nous en est très-grande, et que sans retardement nous pouvons passer en Grèce et nous y établir par cinq et par six dans des villages et autres lieux au delà du Danube, et nous assujettir à la protection de Sa Majesté dont nous n’en serions que trop contents.

Cela m’est ordonné de vous dire de la part de la Sublime Porte, continua S. E., mais nous resterons toujours selon le prémier serment que nous avons prêté à Sa Majesté, et nous ne changerons jamais nos paroles, ni ne voulons aucunement de notre propre volonté aller en Russie, et nous assurons Sa Majesté à présent, tout comme auparavant, que nous ne voulons pas aller en Russie, mais nous demandons d’aller en Grèce et d’y vivre comme ses particuliers sujets. Nous prions Sa Majesté et sa hautesse le sultan et successeur qui vient d’être né à présent, de nous accorder cette grâce de ne pas nous livrer dans la main tyranne de la Russie, mais nous laisser vivre en Grèce et nous y montrer les endroits et lieux, et de nous recevoir de nouveau sous sa protection. C’est cela que nous demandons et c’est pour cela que nous prions et supplions sincèrement et de toute notre âme Sa Majesté Impériale d’avoir pitié de nous pauvres gens que nous sommes et ne nous pas rendre aux Russes, mais nous laisser vivre en Grèce, où nous pouvions vivre et procurer les besoins de nos nécessaires, et nous montrer les endroits convenables que nous devons habiter, nous prions que cela soit ordonné par ordre de Sa Majesté et nous l'en remercions dans nos cœurs toute notre vie et à cela nous souscrivons.

Vos très-humbles serviteurs, tous les atamans de la communauté.

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