3904/38

Материал из Enlitera
Перейти к навигации Перейти к поиску
Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1778 г. / под ред. Н. Дубровина. Том второй. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1885. Качество: 75%


Лит. H(1). Traduction littérale et fidèle du préambule des firmans gui ont été expédiés à tous les pachas et chefs des troupes quelconques dans l’empire.

Quoique dans l’article du dernier traité de paix entre mon empire et la cour de Russie, il soit dit que les troupes Russes n’entreront plus en Crimée, que les khans des Tartares seront élus unanimement et librement et tirés de la race de Genghis, sans que personne s’en mêle, et qu’après l’élection il seroit envoyé sans perte de tems des mahzars aux pieds de mon trône, afin de m’avertir de la dite élection et (le spirituel dépendant de moi) de me supplier de leur envoyer le teschrifat, en vertu duquel mon nom doit être lu dans les mosquées et frappé dans leurs monnoyes, et pour que leurs juges puissent exercer légalement la justice, de leur en accorder la permission par les caziasker qui leur donnera le murussala. De cette façon la paix et l’amitié s’étoit trouvée rétablie entre les dites deux cours et il n’y a été de ma part fait rien de contraire; mais la cour de Russie, au mépris dudit traité et de son serment, a fait assembler l’année dernière 30 à 40,000 hommes de troupes, qu’elle a envoyé en Crimée, tandis que d’un autre côté Sahin-Ghirai sous la protection de 15,000 cosaques et hussards y est entré par deux différens chemins pour en chasser par force Devlet, qui avoit été élu khan par toutes les nations Tartares, et forcer ceux-ci à reconnoitre Sahin-Ghirai pour leur khan; ce en quoi ils ont réussi en les bloquant, en leur extrayant par la violence et en leur dictant comme ils ont voulu, un mahzar signé de leurs mains, qu’ils ont envoyé à notre cour.

Il a été déclaré plus d’une fois par mes ministres à l’envoyé de Russie résidant à ma cour, que ce procédé étoit contraire aux stipulations du traité; pareillement, il lui a été fait des représentations par écrit, pour que les troupes Russes soient retirées et que les Tartares soient laissés libres d’élire un khan à leur propre choix, de dresser eux-mêmes leurs mahzars, et non sous la [77] dictée d’une force majeure. Et tandis que les Tartares représentoient aux Russes, que c’étoit ainsi qu’il convenoit de procéder, les Russes, loin d’écouter la justice, ont au contraire fait entrer de jour en jour plus de troupes en Crimée, jusqu’à ce qu’enfin ils ont commencé à se saisir de la jeunesse de la Crimée, à leur donner des chapeaux et uniformes de soldats et hussards; ce qui est une infraction contre la sainte loi mahometane, qui ne permet pas aux musulmans de paroitre sous les vêtemens des infidèles. De plus, ils ont voulu faire prendre les quartiers d’hiver à leurs soldats et hussards dans les maisons des musulmans parmi leurs femmes et enfans.

Ce sont les faits qui ont déterminé toutes les nations Tartares, bons musulmans, tant ceux de la Crimée que de Cuban et autres, à se réunir pour représenter au général Russe ce qui suit: Ne nous forcez pas, lui ont ils dit, à faire ce que notre religion ne nous permet pas. Ne vous êtes-vous pas arrangé avec la cour Ottomane, pour que nous-mêmes nous élisions nos khans, et pour que vos troupes n’entrent jamais chez nous? Ainsi Sahin-Ghirai ne pourra jamais être par nous reconnu pour notre khan. Nous vous prions donc de sortir de chez nous et de nous laisser tranquilles.

Mais loin que ces représentations ayent jamais été accueillies, le général Russe au contraire a fait avancer des troupes avec de l’artillerie et des munitions de guerre; il a même commencé effectivement la guerre contre les habitans de la Crimée, où il a porté le feu et le carnage, et répandu de ruisseaux de sang innocent.

A ce spectacle, les Tartares ont portés aux pieds de mon trône des mahzars teints de leur sang, où ils me supplient de les délivrer par mon assistance de l’injustice des Russes.

Et c’est ce qui nous a déterminé à assembler un conseil composé des caziasker, de tout le corps de l’ulema et nos ministres, où nous avons fait lire les dits mahzars. Cette assemblée nous a déclaré que selon la loi mahometane ma dignité demande, et notre foi nous oblige, vû que les Russes agissent contre les [78] capitulations sacrées, de donner de l’assistance aux habitans de la Crimée et aux nations Tartares, ainsi que tout bon musulman est obligé de faire.

Et comme, indépendamment des opérations des Russes en Crimée, ceux-ci ont assemblé des troupes en Pologne sur les confins de mon empire, et que par conséquent il est à présumer que leur dessein est d’entrer dans mes états, j’ai jugé nécessaire de prendre des mesures pour couvrir mes pays et villes et en tenir nos ennemis éloignés, et à cet effet de faire assembler mes troupes fidèles, soumises à notre sainte religion et accoutumées à vaincre. En conséquence, voulons et ordonnons que nos forces soient rassemblées, vers le (Nevruzi-sultani) ou l’Equinoxe de mars, aux environs de la ville d’Ismail sur le Danube, pour ensuite être de là expédiées sur les confins selon et où besoin sera, et selon l’exigeance du cas; de façon que vous N.N., gouverneur de la province N. N., vous marcherez avec vos troupes et agirez conformément à nos ordres ci-dessus, etc. etc.

Содержание