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Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1778 г. / под ред. Н. Дубровина. Том второй. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1885. Качество: 75%


[508]

Лит. Г. Instruction pour Mr. le drogman Testa.

Pera, près de Constantinople, le 22 Juin 1778.

Mr. Testa aura à déclarer an nom du chargé d’affaires des L.L. M.M. Impériales et R. A. à Son Excellence Mr. le Reis-effendi:

Que LL. MM. ont vu du contenu du mémoire de la Sublime Porte, présenté à leur chargé d’affaires le ...... tant les difficultés qui s’opposent encore au maintien aussi désirable de la paix entre elle et la cour de Russie, qu’une nouvelle preuve de l’empressement, avec lequel la Sublime Porte désire de parvenir à un but si salutaire.

Que L.L. dites Majestés n’ont par conséquent point manqué de faire porter tout cela par des représentations amicales à la connaissance de Sa Majesté l’Impératrice de toutes les Russies, par laquelle elles furent sollicitées en échange d’instruire leur chargé d’affaires à Constantinople d’y manifester toujours avec la même énergie, qu’il a fait par leur ordre, les sentimens et les dispositions de Leurs Majestés Impériales et R. pour le maintien de la paix entre Son Empire et la Porte Ottomane. [509]

Que c’est ce que L.L. Majesté réitérement confirment à la Sublime Porte, dans la ferme espérance que, vu les sentimens parfaitement conformes et pacifiques des deux cours, les moyens analogues à un but généralement tant désiré seront aussi de toutes les manières possibles facilités et employés.

Représentation faite par Mr. le bas chargé d’affaires de la Cour de France.

Mr. tel a l’honneur de représenter à la Sublime Porte qu’il a reçu de la part de sa cour la réponse sur le resultat qu’eurent ses bons offices auprès de S. M. l’Impératrice de Russie, après avoir employé ses soins à raprocher les deux cours à la reconciliation, écartant les difficultés au point possible sur l’article de la Crimée.

L’Impératrice répondit sur ces bons offices du Roi, qu'elle est sensible pour les démarches que le Roi fit faire auprès la Sublime Porte pour prévenir la rupture. Et connoissant l’amitié et la sincérité du Roi envers elle, et sa bonne volonté pour ce qui regarde ses intérêts et ses sentimens pacifiques, elle veut exposer avec plaisir tout ce qui s’est passé entre elle et la Sublime Porte et elle désire que le Roi ne cesse à l’avenir aussi à employer ses bons offices à l’affaire salutaire aussi sincèrement désirée de sa part, et qu’elle ne se permet pas de douter aucunement qu’elle verra résulter un bon effet de ces soins, analogue à la justice de sa cause.

A cette réponse de l’Impératrice le Gouvernement joignit une exposition de tout ce qui s’est passé entre les deux cours depuis l’établissement de la paix. Comme tous ces événements ont été répétés sans doute plusieurs fois dans les nombreuses conférences tenues infructueusement, il paroit superflu de les répéter içi; mais le soussigné, souhaitant la prospérité de cet empire ne scauroit s’empêcher à lui observer qu’on reconnoit par le contenu de cette exposition ample et détaillée du Ministère de la Russie que la cour de Russie regarde l’événement de l’expulsion de Sélim-Ghirai de la Crimée, comme une décision resolue par l’effet de la reconnoisance de Schahin-Ghirai; et qu’elle espéroit [510] jusqu’ici que cette affaire devoit promptement être finie, et de plus, pour faire voir que dans l’envois des troupes à Perecop, elle n’avoit aucun autre but en vue, que de rétablir et affermir l’indépendance des tartares que Devlet-Ghirai avoit annulé, elle consent a retirer ses troupes de la Crimée; mais à cette condition préalable, que la Sublime Porte donne une déclaration solemnelle et authentique à tous les tartares, dans laquelle elle reconnoisse les nations tartares une puissance libre et indépendante d’elle et de toute autre puissance quelconque. Qu’elle donne de plus à la cour de Russie un écrit, dont le contenu soit que aussitôt que la Sublime Porte sera informée que les troupes Russes ont vidés la Crimée, elle reconnoitra d’abord Schagin-Ghirai et qu’elle le pourvoira sur les mahzars convenables à la dignité du premier khalife, dont on parlera et l’on s’arrangera préalablement sur sa forme, des lettres de bénédiction convenables à une puissance libre et indépendante et professant la même religion. Il y est dit enfin qu’elle à informée la Sublime Porte de ses dites demandes.

Sur ces demandes de la cour de Russie, il paroit être clair que l’accomplissement de la pacification éxige quelque sacrifice. Si donc la Sublime Porte veut effectivement la conservation de la paix, il paroit nécessaire de ne s’en écarter pas et de faire quelques efforts sur elle-même pour se rapprocher des moyens qui pourront la procurer. Peut être que la Russie aussi à la vue de la flotte voudra modérer et faciliter ses demandes, comme si après que les troupes Russes sortiront de la Grimée, la nation tartare veuille de nouveau se donner librement un chef, supposé qu'elle soit dans la disposition d'en élire un, la cour de Russie ne s'y oppose pas, sans toutefois que la Sublime Porte aussi ne génera pas cette nation après cela en s’opposant à ce qu'elle élise préférablement par une élection légitime Schagin-Ghirai. Car la Sublime Porte ayant premièrement adopté ce moyen, il paroit l’avoir proposé, lequel semble le seul moyen propre à conserver la dignité et l’honneur de l’empire et à procurer la tranquillité et le repos, et celui qui mettant les nations tartares dans ce pied de l’indépendance [511] qui fut stipulée dans le traité, il les laissera libres après cet arrangement à vivre à leur aise.

En égard à la promptitude qu’éxigent ces affaires et circonstances, si la Sublime Porte, en attendant l’arrivée prochaine à cette capitale de Mr. l’ambassadeur, veut et juge à propos de faire quelque confidence sur ses dispositions, le soussigné, étant favorisé suffisement de la part de sa cour à recevoir lesdites dispositions et pensées mesurés de la Sublime Porte, aura l’honneur de témoigner son zèle et son empressement à en faire l’usage convenable tant auprès de sa cour, que de celle de Russie, conformement aux ordres de son roi, qui sans doute n’a aucun désir plus sincère et plus ardent, que celui de servir d’instrument à un accommodement, duquel dépend la félicité et la prospérité de tant des peuples.

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