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Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1778 г. / под ред. Н. Дубровина. Том второй. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1885. Качество: 75%


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Traduction de la lettre de son altesse le grand vêzir à son exellence le feld-maréchal comte de Roumianzoff, écrite le 9 juin 1778 (24 de la Lune Dzemaziel Ewel 1192 de l'Egire).

Nous étant encore dernièrement parvenue une lettre amicale de Votre Excellence par le moyen de l’honorable Mr. de Stachieff, envoyé de la Cour de Russie, nous en comprimes amicalement sont contenu.

Il y est dit que la Sublime Porte ayant mis à mort le cidevant prince de Moldavie Grégoire Ghika, dont la droiture et la fidelité est connuee à la Cour de Russie, cette demarche soit contraire aux conventions. Dans les articles du traité il n’y a pas un seul mot effectif, ni aucun sens concernant ni implicitement, ni explicitement, qui contienne l’inspection de la Cour de Russie sur la nomination et la déposition des princes de Valachie et de Moldavie, comme aussi à leur punition et exécution en cas d’une perfidie de leur part. Mais outre cela, les trahisons commises [506] ouvertement et secrètement par le dit prince envers la Sublime Porte, sa bienfaitrice, et les procédés sinistres qu’il témoigna depuis sa nomination à la principauté de Moldavie jusqu’au jour de son exécution occasionnée par rapport à ses insolences insuportables et incompatibles avec la dignité de l’empire, non seulement seroient intolérables aux très-augustes sultans destinés par les très-haut souverains protecteurs sur tout ses serviteurs, mais même ils seroient insupportables, si tels procédés fussent arrivés même à des particuliers de la part d’un domestique envers son maître mondain, et il est clair comme le soleil et reçu parmi tous les empires que toutes les règles politiques prescrivent à ce maître un devoir de punir, ou de se défaire de ce serviteur. Une puissance, pour avoir puni une personne, dont la nuisibilité à l’Etat et à l’Empire et la perfidie soient constatées, non seulement, elle n’est pas censée comme portante atteinte à la sincérité et à l’amitié contractée avec une autre puissance, mais au contraire l’amitié éxige qu’on se rejouit et qu’on témoigne la satisfaction provenue de la perdition de la personne de tels traîtres. Outre qu’on a entre les mains une quantité d’instrumens et de documents prouvant la perfidie du prince Grégoire envers son souverain, le devoir d’un serviteur éxigeant que la fidelité soit reservée seulement pour son propre maître, c’est particulièrement une preuve évidente et forte de son infidélité envers son bienfaiteur, que d’être reconnue et prouvée par une autre puissance de sa fidelité.

Il n’est pas nécessaire qu’on fasse voir à Votre Excellence comme quoi que les pays de Valachie et de Moldavie sont des possessions héréditaires de la Sublime Porte et que dans notre traité il n’y a pas aucun article imposant à la Sublime Porte le devoir de demander la permission de la Russie lorsqu’elle voulait se procurer argent comtant des provisions et d’autres nécessaires de ses propres sujets et pays. Elle les en requiert. Ce ne dépend point de l’intermission et de la recommandation d’autrui la parfaite justice et la clémence dont la Sublime Porte, à jamais [507] permanente, use à l’égard de ses sujets, et il n’est pas convenable à la dignité des souverains de disputer sur la forme et la façon du gouvernement qu’il plait à chacun des souverains d’établir dans ses propres états. De plus, tandis qu’on tache de procurer la tranquillité commune par l’affermissement d’une si heureuse paix, je ne comprends pas nullement pourquoi veut on disputer sans raison sur l’exécution d’un perfide, en forme d’une parenthèse, ni le motif et la raison non plus de nommer ces deux provinces libres, et tandis que les traités ne contiennent aucune telle clause, c’est à dire un mot expressif de leur liberté, il est étonnant que Votre Excellence appelle libres les nations habitantes dans ces provinces, par conséquent j’en suis surpris.

Quoique cette prolixité par ces sortes de disputes soit absolument superflue, cependant laissant les cérémonies à part et parlant familièrement à Votre Excellence, nous sommes obligés de proposer tout le ci-dessus, non dans le dessein de disputer avec elle, mais par ce que ce sont des vérités démontrées. Votre Excellence est absolument dans le devoir d’écrire tout ce qui lui parvient de la part de sa cour, soit allégable, ou non, comme de ma part aussi je suis obligé d’inscrire dans notre correspondence les réponses amicales de la Sublime Porte, quelles sont ses raisons évidentes. Au reste, ainsi que Votre Excellence l’observe dans sa dépêche amicale, il ne convient pas de consumer le tems avec des disputes incongrues, et effectivement il est nécessaire d’accélerer au moins dorénavant les choses tendantes à la pacification de nos affaires; ainsi (comme il est notifié amplement dans la lettre profuse dépêchée à Votre Excellence quelques jours auparavant par notre Tartare Ouveis) si l’intention de la cour de Russie dans la résolution d’exécuter les conventions du traité est de consolider et d’affermir la paix, nous espérons que Votre Excellence employera ses soins à donner ses ordres à notre ami Mr. le général, qui comande en Crimée, afin qu’il employe les siens au plutôt à parler avec leurs Excellences le grand amiral vézir et Gazi-Hassan-Pacha et le Gouverneur commandant d’Erzerum et [508] de Trebizonde, le serasker et généreux vézir Hadji-Ali-pacha, dessignés plénipotentiaires de la part de sa majesté le très-puissant, très-juste et très-auguste monarque notre Empereur, et de mettre fin aux dissensions. C’est pour cette raison que nous avons écrit la présente amicale et nous l’avons expédiée par votre courrier, laquelle par l’aide de Dieu aussitôt qu’elle sera parvenue, Votre Excellence, persuadée que notre intention aussi est de ne pas perdre en vain le tems, et qu’après que les sentimens pacifiques des deux cours seront connus et éclaircis, nous voulons employer de l’assiduité avec promptitude à nos affaires, nous nous flattons que Votre Excellence (comme il est dit) se dépêchera à donner ses ordres au dit général-commandant en Crimée, notre ami, afin qu’il s’abouche au plutôt possible avec les susmentionnés deux vezirs et qu’il parle sur nos affaires avec eux.

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