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Доношеніе, полученное у Порты о мирной негоціаціи между Вѣнскимъ и Прусскимъ дворами.
L’on а quelques mauvais indices au sujet de la conclusion désirée de la pacification en Allemagne.
1) La ville de Jegendorf, aux confins de la Silésie Autrichienne, ayant été entièrement brûlée, ceci ne laisse pas de faire concevoir des soupçons à la charge du monarque, dont les troupes gardoient cette ville, cet accident étant arrivé précisément dans le tems où la susdite garnison étoit sortie avec toute son artillerie pour faire les exercices à la coutume militaire; cette circonstance malheureusement rendit les soupçons plus vraissemblables, d’autant plus qu’une autre petite ville prussienne que le corps sous le comandement du général autrichien Walis gardoit fut sujette au même malheur quelque tems auparavant. Quoique cet évènement ne soit pas capable d’altérer la négociation, néanmoins cela fit impression aux esprits des plénipotentiaires et sa majesté l’impératrice reine, doit s’en plaindre amicalement de peu d’attention du général prussien et peut-être même de sa mauvaise intention.
2) Quoique dans le tems de la conclusion et publication de l’armistice entre ces deux puissances bélligerentes, on n’avoit point fixé de terme de celui-ci, on voit cette fois dans la feuille publique de Vienne «que le terme de l’armistice venant d’expirer le 4 avril (n. s.), les troupes respectives agiront de tout côté en cas que la paix ne vient de se rétablir jusqu’à ce terme, sans qu’il y ait besoin de s’entendre préalablement». Comme il est sçu de tout le monde, que le nouvelliste de cette ville n’est pas autorisé d’insérer dans ses feuilles la moindre chose, sans la permission, et a l’insu de la cour, on prétend que c’est par ordre secret de sa majesté l’empereur que cet article, autrement faux, y fut inscrit; il en resuite que Sa Majesté, peu contente de la fin de cette entreprise, ne seroit pas fâchée de voir le fil des négociations rompu, quoique son auguste mère, tout le contraire, [169] n’oublіе rien, comme elle а déjà fait paroitre, pour voir une fin heureuse de cette affaire.
3) Les prétentions de l’électeur de Saxe sont si fortes, qu’on n’a pas pû encore parvenir à les arranger, ce qui donne beaucoup d’embarras aux plénipotentiaires, aussi bien qu’aux ministres médiateurs; ils ont offert à cet électeur la somme de huit mille bourses pour le porter à se désister de ses prétentions des états allodiaux; mais ce prince finalement n’accepte que la somme de douze mille bourses, ce qui fait une différence trop grande pour pouvoir parvenir à un accomodement; de plus, la restitution que la maison d’Autriche fait en faveur de l’électeur palatin des états dont elle prit possession l’année dernière en Bavière, fournissant en tout 36 mille bourses de revenu à cet électeur, on croit juste que c’est à lui de satisfaire aux prétentions de l’électeur de Saxe, tout énormes qu’elles paroissent être, ce point aussi occupe fortement les ésprits des ministres.
4) Les politiques prétendent entrevoir que ces incidens en partie sont suscités par la cour de Versailles, qui voit de bon oeil ces difficultés élévées. Ces politiques allèguent pour raison que les circonstances épineuses et peu favorables où elle s’est vue tout d’un coup contre ses espérances la mettant en devoir de faire de nouveaux efforts et l’obligeant à continuer la guerre, elle ne vouloit pas soutenir elle seule ce fardeau onéreux, tandis que les autres puissances jouiroient des fruits d’une paix agréable et gracieuse; qu’elle seroit par conséquent bien aise de voir les autres cours aussi occupées, et surtout celle de Berlin, dont elle soupçonne les intélligences.
Malgré tout le ci-dessus, on observe beaucoup de zèle à la consommation de cette oeuvre agréable dans le plénipotentiaire de la cour de Russie, comme aussi des maximes tout à fait pacifiques dans le fond de sa majesté l’auguste et vénérable impératrice reine.