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Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1779—1782 гг. / под ред. Н. Дубровина. Том третий. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1887. Качество: 75%


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Приложеніе лит. S.

Du dragoman Pisani, du 27 février 1779.

Il visir è d’opinione che le dichiarazioni da una parte e dall’ altra si rimettano ad una terza mano, civè (?) all’ambasciatore di Franzia, fino che arrivino qui li deputati Tartari.

Il gran signore ha mandato dire al vizir con un suo hattiscerif che vorrebbe, che nell’ ultima conferenza, nella quale s’hanno da cambiare le convenzioni sottoscritte dalli plenipotenziari dell’ una e dell altra parte, si trovi présente anche il suditto [113] ambasciatore. Е l’ Abdul-Rezzac ha fatto dire per mezzo del dragomano della Porta ch’avanti d’aver dato di ciò notizia al suditto ambasciatore la partecipava a S. E. il sig-r Inviato, affinchè forse questo vorrebbe esser il primo a farne la proposizione al detto ambasciatore, come da se medesimo proveniente.

Au dragoman Pisani, du 28 février.

Sur la proposition que le dragoman de la Porte vous fit hier, que le grand visir est d’opinion qu’on dépose entre les mains de l’ambassadeur de France les déclarations réciproques, jusqu’à ce que les députés tartares arrivent ici, vous aurez la bonté de répondre que je ne puis y consentir, vû que cette proposition est contraire aux gradations prescrites dans l’ultimatum de ma cour, outre qu’elle ne répond ni à la sincérité ni à la confiance avec laquelle ma cour se prête aux désirs de la Sublime Porte, et ne peut qu’en ralentir la continuation ultérieure, ainsi que prolonger le séjour de nos troupes en Crimée.

Quant à la seconde proposition qui est, que je fasse la prémière proposition à l’ambassadeur de France d’assister à la dernière conférence dans laquelle on fera l’échange des conventions signées par les plénipotentiaires, conformement à la volonté de sa hautesse le grand seigneur, exprimée dans son hatischerif, je ne puis le faire, ni m’opposer à ce que la Sublime Porte le fasse pour sa part, n’en ayant aucune instruction de ma cour.

A S. E. l’ambassadeur de France, du 27 février.

Le dragoman de la Porte, ayant fait venir hier à la Porte le mien, lui a déclaré que S. E. Mr. le grand visir est d’opinion, que la déclaration réciproque sur l’indépendance des tartares doit être déposée chez votre excellence jusqu’à ce que les députés de cette nation arrivent ici.

Malgré toute ma bonne volonté de satisfaire aux désirs de la Sublime Porte, en tout ce qui dépend de moi, je ne puis accepter une proposition qui s’écarte de l’ultimatum, dont je dois suivre au pied de la lettre toutes les gradations, outre qu’elle ne répond [114] nullement à la confiance, avec laquelle ma cour se prête aux désirs de la Sublime Porte, et ne peut qu’en arrêter la continuation de son côté, et prolonger le séjour des troupes en Crimée. J’ose donc avoir recours à la gracieuse entremise de V. E. pour m’épargner la désagréable nécessité de demander des nouveaux ordres de ma cour en cas que la Sublime Porte ne voudra pas se désister de sa prétention, qui ne fera qu’arrêter pour quelque tems le cours d’une négociation si heureusement renouée par les bons offices de V. E.

J’ai l’honneur d’être, etc.

Sa réponse du 11 de mars, n. st.

Je reçois la lettre dont vous m’honorez relativement à la déclaration que vous a fait le dragoman de la Porte, qu’elle est d’opinion que la déclaration réciproque sur l’indépendance des tartares doit être déposée entre mes mains jusqu’à ce que les députés tartares arrivent ici. J’avois eu, comme vous savez, dans le principe l’idée de cet expédient pour éluder la répugnance que je connoissois à la Porte sur la remise immédiate de cette pièce. Dès que vous jugez la difficulté de nature à suspendre la négociation de la paix, si le grand visir persiste, je lui en ferai part. J’employerai d’autant plus volontiers mes bons offices pour l’engager à se désister, qu’outre que cette marque de confiance de la Porte est justement due à votre cour, je n’accepterois certainement plus le dépôt en question, et je le signifierai au ministre Ottoman.

J’ai l’honneur d’être, etc.

Billet de l’ambassadeur de France du 18 de mars, n. st.

L’ambassadeur de France a l’honneur de faire ses complimens à Mr. l’envoyé de Russie, et de le prévenir, que le sieur Fonton, qui arrive au palais de France, l’avertit de la part de Mr. l’envoyé de ne pas se presser de donner sa réponse à la Porte; mait c’est chose faite dès le grand matin par une copie expédiée à droiture au dragoman afin de faciliter son travail de traduction. L’ambassadeur de France se flatte au surplus que ce qui a été [115] convenu entre Mr. l’envoyé et lui, n’est plus dans le cas d’éprouver aucune variation essentielle. Comme la traduction turque du dragoman de la Porte lui est necessaire, l’ambassadeur de France prie Mr. l’envoyé de la lui renvoyer.

Du dragoman Pisani, du 9 mars.

Tutto quello che vostra eccelenza m’ha ordinato, ed anche per il murasselé e tescrifat sarà fatto, ma la copia del mahzar non è come s’è convenuto, poichè l’è come l’hanno dato da parte loro la prima copia, dicendo servitori déboli nel principo, poi dove parla del gran signore hanno messo il nostro padrone, ed hanno messo verso la fine invece di dire da tutte le tribù Tartare, hanno detto dagli abitanti. Non mi è stato possibile di persuaderli a cambiarlo, e farto come siamo convenuti nella conferenza, ed il plenipotenziario giura, che non lo cambiarà. Sarei venuto in persona ma avendo nel mahzar trovato questa differenza, voglio leggere anche tutte le altre loro carte per vedere che non sia qualch’altra differenza.

Abdul-Rezzak dice che il dire deboli servitori e nostro padrone riguarda il spirituale. Non ho potuto in verun modo farlo cambiare, aspetto dunque gli ordini di vostra eccelenza, e in tanto mi metto a leggere le altre loro carte, essendo sempre di V. E. etc.

Au dragoman Pisani, du 9 mars.

Je suis au désespoir, Mr., qu’on refuse actuellement la forme du mahzar après en être convenu, et vous prie de dire a Mr. l’Abdul-Rezzak-effendi, qu’en ce cas je ne signe rien, par conséquent vous aurez la bonté de rapporter tous mes papiers et demander le ferman de poste pour que je puisse envoyer un courrier à ma cour pour l’informer de toutes les difficultés que la Sublime Porte fait. Je suis, etc.

Instruction de l’ambassadeur de France pour son dragoman Fonton, du 20 mars, n. st.

Je viens de recevoir votre lettre et me suis tout de suite [116] transporté chez Mr. de Stachieff, que j’ai trouvé fort mécontent des difficultés survenues après qu’on étoit resté d’accord de tout. J’ai fait l’impossible pour le ramener et j’y ai réussi par une vraie complaisance pour moi. Il veut bien passer le deboli servitori et habitanti, mais il tient ferme sur le mot nostro padrone et à cet égard vous pouvez dire à l’effendi, que je trouve la difficulté placée, car le mot tient de la sujétion. J’ai obtenu de Mr. l’envoyé qu’on écrit nostro califo, ou imamo, suivant que la forme mahometane le permet mieux, mais c’est tout ce qu’il y a moyen de faire. Au reste, Mr. l’envoyé veut qu’on lui envoyé la copie de toutes les pièces et les voir chez lui. Observez à l’effendi que cela est de toute justice, le dragoman n’étant pas le ministre et étant réservé à celui-ci de faire l’examen littéral, il veut aussi la minute du ferman sur la mezetorie, si on ne peut avoir l’original aujourd’hui, tâchez donc de finir tout cela, et que demain nous ne soyons plus que bon accord. Au reste, c’est le dernier mot.

Mes complimens à l’effendi.

Vous aurez la bonté, Mr. Pisani, de vous conformer à cette instruction.

Stachieff.

A son excellence l'ambassadeur de France, du 10 de mars.

Comme le plénipotentiaire de la Sublime Porte ne se fait pas de scrupule à révoquer les promesses qu’il fait de vive voix, je ne puis autrement, que de prier V. E. de vouloir bien lui faire parvenir le projet ci-joint de l’assurance qu’il doit me donner aujourd’hui à la signature de la convention, tant pour le payement de 9420 bourses que la Sublime Porte doit à ma cour en vertu du traité de Kainardgi, que pour l’indemnisation des pertes causées par l’arrêt des quatre batimens, autrement je serai nécessité de remettre la signature de la convention à un autre tems.

J’ai l’honneur d’être, etc.

Projet.

La Sublime Porte Ottomane, n’ayant jusqu’ici payé que 580 bourses de dix mille qu’elle doit encore à la cour impériale de [117] Russie en vertu dе l’un de deux articles du traité de Keinardgi, conclu le 10 de Juillet 1774, s’engage et promet d’en payer, avant la fin de l’année présente de 1779, 4420 bourses et dans le courant de l’année prochaine 1780 les dernières 5000 bourses sans aucun délai et excuse ultérieur, ainsi que d’indemniser selon l’équité et compte vérifié, qu’on fournira, les sujets de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies des pertes réelles, qu’ils souffrent par l’arrêt des quatre bâtimens, qui ont été retenus ici par la Sublime Porte jusqu’à la fin de l’année dernière. En foi de quoi j’ai signé cet engagement de ma propre main et scellé de mon cachet, lequel aura la même force comme s’il étoit inséré mot pour mot dans la nouvelle convention qu’on vient de signer entre les deux empires aujourd’hui, le 10 mars 1779.

Sa réponse du 21 de mars, n. st.

Je vois avec une vraie peine qu’àprès avoir conduit une négociation épineuse à son point de conclusion, vous vous portiez, lorsqu’elle est terminée et que le jour de la signature est arrivée, à faire de nouvelles demandes, que le tems qui reste ne permet pas de mettre en exécution. D’ailleurs, il seroit peu décent pour mon caractère de prendre le dernier instant pour les former, d’autant plus que l’objet est assuré par le rappel des articles secrets, et que je n’ai aucune connoissance que vous ayez pour la spécification des termes, quant à leur énonciation par écrit, des ordres de votre cour. Je vous renvois ci-joint votre projet de déclaration, en vous prévenant que je ne m’en charge pas, et que j’en ferai mes excuses à votre cour, en lui en expliquant les raisons. Il me reste à regretter l’inefficacité de mes offices. J’ai l’honneur d’être, etc.

A l’ambassadeur de France, du 10 mars.

Je viens de recevoir la gracieuse lettre dont V. E. a bien voulue m’honorer en réponse à la mienne, dans laquelle j’ai pris la liberté de vous prier, Mr., de vouloir bien employer vos bons offices pour me procurer de la part du plénipotentiaire de la [118] Sublime Porte tant pour le payement de l’argent que la Sublime Porte doit à ma cour, que pour l’indemnisation des pertes que souffrent les sujets de Sa Majesté l’Impératrice, ma très gracieuse souveraine, par l’arrêt des quatre bâtimens que la Sublime Porte avoit retenu ici jusqu’à la fin de l’année dernière.

Je suis d’autant plus peiné que V. E. m’y refuse ses bons offices, que ma demande ne contient rien qui ne soit juste et raisonnable par sa nature et nécessaire par la raison que j’ai eu l’honneur de marquer dans ma précédente lettre. Je n’aurois pas manqué d’en parler plutôt au plénipotentiaire de la Porte, s’il avoit voulu négocier immédiatement avec moi, mais ayant constamment fait passer le tout par l’entremise de Votre Excellence, qui de son côté m’avoit flatté de ne pas laisser en oubli aussi ce point, il m’a été impossible de le faire, et ne me reste actuellement d’autre parti, que de signer aujourd’hui les déclarations, remettant la signature de la convention jusqu’à ce que je reçoive l’assurance mentionnée, c’est dont je crois de mon devoir de prévenir V. E., me flattant qu’elle ne refusera pas de rendre justice à ma demande ainsi qu’aux sentimens très-respectueux, avec lesquels j’ai l’honneur, etc.

Sa réponse du 21 de mars, n. st.

Je reçois la lettre dont vous m’avez honoré; j’aurai l’honneur de vous observer que vous avez eux deux entrevues avec le plénipotentiaire Ottoman, l’un sans moi, l’autre avec moi, sans avoir jamais formé la demande en question; j’ajoute que jamais vous ne m’avez parlé de déclaration sur cette matière; que vous m’avez même fait entendre que votre cour n’en vouloit pas faire matière de négociation, vu que l’objet n’étoit pas contesté. Je l’ai traité dans le sens que vous m’avez indiqué et vous prie de croire qu’il n’y a point eu d’oubli de ma part. Il me semble de plus que, les termes étant échus, votre cour a de l’avantage à demander à la Porte tout le payement lorsque les ratifications seront arrivées, et à la voir venir avant de consentir à des termes. Mais [119] tout cela vous regarde plus que moi, vu ce que vous savez des instructions de votre cour dont je ne suis informé que par vous, et je n’entre dans cette matière que pour répondre à votre lettre. Tout ce que je puis vous dire pour ma part, c’est que le moment de demander cette déclaration me semble insultant pour la Porte, et qu’après les dispositions, où je vous ai vu hier, de tout rompre pour le changement de trois mots, je ne puis que m’étonner que vous proposiez aujourd’hui une déclaration entière. Au surplus, vous êtes probablement dans l’intention de prévenir la Porte que vous ne comptez signer aujourd’hui que les déclarations sans la convention, et en ce cas je vous prie de me faire savoir sa réponse, que je vous présage d’avance devoir être négative. J’en suis trop assuré et trop convaincu que ce n’est pas l’instant de faire une demande nouvelle pour m’en mêler. Je souhaite que la Porte ne rompe pas immédiatement toute négociation et que les suites du parti que vous prenez ne soit pas funeste aux deux empires.

J’ai l’honneur d’être, etc.

Содержание