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Лит. А. Réponse à la lettre du feldmaréchal, datée le 1-r de Chaban.
Les deux lettres amicales que votre excellence nous envoya par son courier, accompagné de notre Tatare ou veis, nous étant parvenues, nous en comprimes le contenu. Malgré tous les efforts, que la Sublime Porte se donna à éxécuter les articles de la paix, conclue avec la cour de Russie, et à inviter celle-ci à remplir également ses engagements, cette cour n’écoutant pas la justee, modération, et règle de discutions; mais s’enorgueillant de ses avantages précédens, oublie antièrement les engagemens, et contre le traité et les capitulations réciproques, s’empara tout simplement de la Crimée, détruisit absolument l’indépendance des Tatares, et les troupes Russes exterminèrent injustement grand nombre de la nation mahometane. Et de plus, elle forme maintenant d’une manière solemnelle et ouverte la prétention de la navigation en mer noire de la flotte Russe; prétention, que personne ne s’avisa jamais de former. Il nous paroit donc chose surprenante que, quoique par votre lettre amicale il vient d’être annoncé que la cour de Russie par tous moyens s’aime mieux elle-même pour la rupture. Elle veut former des prétextes et d’avant-propos pour lui servir de prise, à en imputer les motifs à la Sublime Porte. Je ne doute aucunement, que Dieu, créateur de l’univers et connoiseur des choses secrètes et découvertes, [663] par sou suprême pouvoir et par sa sublime science, prouvera, qui est juste dans sa cause, et qui ne l’est pas.
A la fin de l’exposé, envoyé huit ou neuf mois auparavant à la cour de Russie par le moyen de notre ami Mr. l’envoyé Stachief, il étoit expressement inséré, comme ou peut l’y voir, si l’on veut, que la Sublime Porte, pour se mettre au même pied d’égalité, ce qui est de son droit évident et incontestable, fera passer ses troupes en Crimée. Elle ne laissa pourtant pas d’enjoindre à ses deux très-venerables vézirs ses seraskiers et de leur recommander, qu’ à leur abord à la Crimée, ils ne se comportassent envers les troupes Russes qu’amicalement; qu’on ne laissa pas de remarquer aussi à votre excellence notre ami.
Toutes les puissances, qui jugent des choses de la modération, avouent et conviennent, que ce n’est point une infraction, que les troupes de la Sublime, Porte à jamais permanente, pour se mettre au même pied d’égalité, pourvu qu’elles ne franchissent pas les limites et frontières de l’empire Russe, et qu’elles n’y apportent aucun tort, se rendent sur les terres des Tatares indépendants et dont la soumission en matière de religion est un des articles de paix, et cela, après qu’elles furent relativement invitées par une quantité de mahzars de cette même nation; si après tout ceci, les troupes Russes s’avisent-ils à entreprendre de repousser et de combattre nos troupes ou notre flotte, en ce cas, l’infraction de paix sera tout de nouveau réalisée pour la seconde fois de la part de la cour de Russie, et c’est des décrets de la providence de ce Dieu très-juste et très-puissant, dont on reclame l’assistance d’agir à l’égard de ceux qui sont la cause de l’effusion du sang humain de la manière due, tant dans ce monde-ci, que dans l’autre vie.
Ayant fait retourner votre courier dans toute sûreté, nous écrivîmes et expédiâmes cette lettre amicale, pour nous informer de l’état de la santé de votre excellence, quand elle parviendra par l’aide de Dieu. Votre excellence par son caractère modéré saura, que la Sublime Porte, ainsi que moi, votre ami, dans mon [664] particulier, nous sommes prêts à l’amitié, et nous espérons, que votre excellence à l’avenir aussi continuera de se souvenir de nous avec des voeux amicaux.