Лит. C. Истолкованіе нѣкоторыхъ словъ, употребленныхъ въ турецкомъ переводѣ отвѣтнаго меморіала, врученнаго Портѣ Оттоманской декабря 18-го дня 1777 года.
Quoique la langue Turque, ou pour mieux dire, celle dont la Porte se sert ait peut-être un plus grand nombre de termes qu’aucune autre langue, par ce qu’elle est composée de trois différentes langues: la Turque, l’Arabe et la Persanne, il se trouve cependant dans nos idiomes européens plusieurs expressions, dont l’identité, ou ne se rencontre point du tout dans le Turque, et auxquelles il faut suppléer par la périphrase, ou qui en s’y trouvant peuvent avoir une acception et force plus ou moins énergique, et obligent par conséquent le traducteur de s’attacher pour éviter toute équivoque plutôt à l’esprit qu’au sens litteral de la parole, qui peut-être exprime une idée tout à fait différente. Au defaut donc des termes identiques ou de la signification équivalente des termes dans les deux langues, les expressions suivantes ont été traduites ainsi.
La phrase Bénédiction spirituelle a été traduite en Turc, Tacdis ve Tahsin Rouhani, c’est a dire: sanctification et applaudissement spirituel. Le mot Bénédiction en Turc est Dua, mais Dua, selon l’opinion de tous et des Ulema, est une bénédiction que les hommes font à Dieu, ou un inférieur à un superieur enremerciment de quelque faveur, de sorte que ce terme Dua, quoiqu’il signifie bénédiction, n’exprime pourtant pas l’intention, parce qu’il est clair que ce mot bénédiction n’est pris en cette occasion que pour un acte tout à fait religieux dont la fonction appartient à un Prélat ou chef d’une croyance ou religion, on a donc cru de se servir de termes plus propres en choisissant les précedens, qui signifient un applaudissement spirituel sanctifiant. Les députés Tartares ont aussi approuvé cette expression comme il paroit par leur billet, et quand deux jours après la présentation du susdit mémoire, je trouvai Abdul-Resak-effendi occupé à la lecture du susdit, je lui expliquai ce que le mot Bénédiction [64] signifie. En conséquence de quoi l’expression de la lettre de Bénédiction a été traduite en Turc Tahrirat Moucdisé, c’est à dire, des écrits sanctifiants.
La parole Condescendence, je l’ai traduite en Turc Moussaade, et non pas Mouvafecat, puisque condescendence en exprimant de faire une chose sans être obligé de la faire, est une espèce de faveur qu’on fait de son propre mouvement, et c’est exactement ce que signifie Moussaade, au lieu que la parole Mouvafecat signifie se conformer; mais comme cette expression se conformer peut être prise tant pour un acte de pure volonté, que pour une espèce d’obligation ou de convenance, Moussaade m’a paru le terme propre pour rendre exactement Condscendence. Nonobstant cela, Abdul-Resak-effendi dit que la Porte n’etoit pas accoutumée à s’entendre dire ce terme par les autres cours, parcequ’un empire ne recevoit pas de faveur d’un autre, donnant à entendre par là, que cette condescendence, comme nous nous exprimons, n’etoit pas une faveur ou un acte de facilité qu’on fait à la Porte.