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Присоединеніе Крыма къ Россіи.
Рескрипты, письма, реляціи и донесенія.
Автор: под ред. Н. Ф. Дубровина (1837—1904)

Источник: Присоединение Крыма к России. Рескрипты, письма, реляции и донесения. 1778 г. / под ред. Н. Дубровина. Том второй. — Санкт-Петербург: тип. Имп. Акад. наук, 1885. Качество: 75%


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Лит. В. Instruction pour le Sr. Fonton.

Au commencement de cette année le roi jugea à propos d’offrir son entremise à la Porte et à la cour de Pétersbourg pour mettre fin aux divisions qui existent entre les deux empires. La Porte l’agréa, sans entrer dans le détail de ses griefs et de ses intentions. La Russie au contraire répondit par une communication de l’ultimatum qu’elle avoit signifié à la Porte, priant la cour de France de ne pas discontinuer ses bons offices pour le retablissement de la paix.

L’envoi de la flotte ottomanne dans la Mer Noire et la nomination des plénipotentiaires turcs ont suspendu tout office de la part de la cour de France; mais le retour de la dite flotte et des plénipotentiaires sans aucun effet paroit devoir donner lieu à reprendre la négociation; c’est d’ailleurs l’esprit de la lettre du grand vizir actuel au maréchal Roumanzow, lequel a répondu par une assurance réciproque de son désir d’ajuster toutes querelles, mais avec les conditions préalables, sine qua non, de donner le libre passage aux vaisseaux russes en expédition actuelle pour la Mer Noire, et de rapeller de Rhodes les députés tartares; après quoi le maréchal dit, que Mr. Stachieff a les ordres nécessaires pour terminer la négociation.

Cet envoyé, informé des intentions de sa cour sur l’entremise de la France, a communiqué à l’ambassadeur du roi ce qu’il avoit reçu de Mr. de Roumanzow, en le priant de s’employer à l’ouvrage de la pacification. Il en resulte que d’après l’ultimatum qui continue d’être la base des ordres de la cour de Russie à son ministre, la déclaration par écrit de reconnoitre l’indépendance civile des tartares, sans restriction et Schahin-Guiray pour khan, doit préceder la sortie des troupes russes de Crimée. C’est de là qu’il faut partir.

De sa part, la Russie offre une déclaration formelle de ne se mêler plus des élections tartares et son envoyé ne se refusera pas d’en rendre l’ambassadeur de France dépositaire jusqu’après [862] la reconnoissance. A présent il s’agit de laisser passer les bâtimens russes à la Mer Noire, comme cela est formel dans le traité, et de rapeller les députés tartares, comme le veut le droit des gens, eu égard à l’indépendance de ces peuples; mais comme ces personnages ont été avilis par le traitement qu’ils ont éprouvé, que d’ailleurs la Porte a déclaré insuffisans les Ahrz-mahzars qu’ils ont apporté, on peut convenir en les renvoyant en Crimée que lorsque le khan enverra d’autres députés avec de nouveaux Ahrz-mahzars, tels qu’on en restera d’accord, la Porte ne fera aucune difficulté de reconnoitre Schahin-Guiray pour khan des tartares. C’est à quoi l’on a lieu de croire que l’envoyé de Russie se prêtera, au moyen d’une déclaration par écrit de la Sublime Porte, que pour ne pas compromettre la dignité de sa parole, elle peut confier a l’ambassadeur de France, lequel la lui remettra après la reconnoissance de Schahin-Guiray. Mf. de Stachieff se contenteroit de la certitude que cette pièce lui seroit remise par l’ambassade de France, si l’engagement de la Porte à cet égard venoit à ne pas s’accomplir dans le tems fixé. Au moyen de ces deux déclarations sur l’indépendance des tartares et la reconnoissance de Schahin-Guiray pour leur khan, l’envoyé de Russie remettra de son côté par écrit à l’ambassadeur de France l’assurance que l’évacuation des troupes russes de Crimée s’effectuera tout aussitôt, et que sa cour ne se mêlera plus des élections tartares.

Quant aux autres articles en contestation, ils sont susceptibles de négociation et peuvent s’ajuster à l’amiable. L’essentiel est de lever d’abord ce qui peut être une occasion immédiate de guerre.

L’ambassadeur de France est disposé à traiter cette affaire de la manière et avec les personnes que la Sublime Porte désirera; mais il y met pour condition absolue, que le ministère ottoman soit entièrement décidé à l’indépendance des tartares et la reconnoissance de Schahin-Guiray, et n’attendra de l’entremise de la France qu’un moyen de traiter cet objet d’une manière plus honorable et plus amiable.

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